En passant par un teint blafard, d' un masque au sang de poulet, d'un peeling au rasoir, des cernes volontairement marqués......, le maquillage en France n'a cessé d'évoluer depuis l'époque médiévale à nos jours. Venez découvrir par quoi les tendances de cosmétiques sont passées.

 

Sommaire:

 

1- L'époque médiévale

2- Le 16ème siècle

3- Le 17ème siècle

4- Le 18ème siècle

                                                                                       5-Le 19ème siècle

                                                                                           6- Le 20ème siècle

1- L'époque médiévale

Un teint et des dents blanches :
Durant l’époque médiévale, le teint pâle est de mise. Toutefois, l’emploi de fards n’est réservé qu’aux femmes « qui cherchaient un mari et aux femmes affligées d’une infirmité repoussante », l’emploi d’artifice étant vu comme une correction de l’œuvre divine. Les dents aussi doivent être blanches, au point qu’on en utilise de fausses en os de vache ou en ivoire.

Les soins de beauté médiévaux :
La religion considérant l’emploi de maquillage comme une « tromperie adultère » , de nombreux soins de beauté sont employés pour s’embellir. On boit de la cervoise pour avoir de jolies couleurs sur le visage et on applique sur la peau du lait caillé contre les pustules, ou du jus de concombre contre les taches de rousseur.

 

2- Le 16ème siècle 

Fards et Mouches :
Ce siècle marque l’arrivée des mouches, qui dissimulent les taches brunes et les boutons. 

Les fards blancs sont désormais  utilisés sur le visages, les décolletés et dans les cheveux, autant  par les femmes que les hommes.

Mais ces produits altèrent la peau et des peelings violents sont pratiqués pour la rajeunir : l’épiderme en surface est enlevé au rasoir.

 

Contre les rougeurs : Masque de sang

L’obsession pour le teint blanc fait naître de curieux remèdes.

Partant du principe que le même attire le même, des masques de sang de poulet ou de pigeon sont pratiqués pour faire disparaître ou atténuer les rougeurs.

 

Arrivée du bâton à lèvres :
La bouche est rehaussée de rouge et les premiers bâtons à lèvres sont inventés.

Si l’emploi de safran, curcuma  est courant, les élites préfèrent toutefois les teintes discrètes, pour ne pas –trop- s’éloigner de l’œuvre de Dieu.

 

3- Le 17ème siècle

Les yeux au premier plan :
Après le teint, c’est désormais aux yeux d’entrer en scène, car « l’esthétique dépendait de l’expression » de ceux-ci.

 

 L'engouement des mouches :
Les mouches sont encore plus présentes qu’au 16ème siècle.

Ces ronds de taffetas appliqués sur le visage portent des noms différents selon les zones où ils sont placés.

Sur le front, on les nomme « majestueuses », près de l’œil, « passionnées » et, au coin de la narine, « effrontées ».

 

Le maquillage, pas toujours bien perçu :
Si l’emploi de maquillage, de poudres et d’onguents est très répandu, certains maris voient encore d’un mauvais œil le fait que leur femme les utilise.

Le maquillage est aussi mal perçu en cas de veuvage ou de vieillesse.

 

4- Le 18ème siècle

Le rouge, révélateur du statut social :
Sous Louis XV, les joues sont  fardées de rouge. 

La teinte choisie est  révélatrice du statut social de celle qui la porte.

Les courtisanes utilisent des rouges voyants, les bourgeoises des rouges plus discrets.

 

Les lèvres, au second plan :
Les dents étant abîmées par l’abus de sucreries, les lèvres ne sont pas maquillées.

Le rouge à joues a donc, aussi, pour fonction de détourner le regard de ces bouches édentées. 

 

Marie-Antoinette ramène le naturel :

Marie-Antoinette rapporte d'Autriche la tendance de la beauté naturelle. « La pâleur sans fards revient à la mode ».

A tel point que Napoléon demande à Joséphine de mettre du rouge, lui affirmant qu’elle a « l’air d’un cadavre ».

 

5-Le 19ème siècle

 Avoir l’air mourant :
A partir de 1830, l’idéal de beauté est d’avoir l’air mourant : « avoir bonne mine était trop bourgeois ».

Sur le visage, on applique des fards jaunâtres, verdâtres et bleuâtres ; les veines sont dessinées au fard bleu ; l’œil se doit d’être cerné jusqu’à la pommette.

Dans cette optique, les femmes souhaitent maigrir à tout prix alors qu’au début du siècle on les préférait potelées. Pour ce faire, elles boivent du vinaigre et ne mangent que du citron. 

 

Des fards gras aux fards secs :
Heureusement, cette tendance  passe et le maquillage fait une grande avancée  : les fards gras d'avant laissent la place à une version sèche. C’est Alexandre Napoléon Bourjois qui les lance en 1881, après avoir crée, avec son associé, les premiers sticks gras de la parfumerie théâtrale Ponsin.

 

L’industrialisation des cosmétiques :
 A la seconde moitié du19ème siècle  on voit apparaître l’industrialisation des cosmétiques.

Les emballages esthétiques attirent l’œil, la chimie de synthèse et la pétrochimie améliorent les formules.

Pour autant, nombre de produits de maquillage sont encore extrêmement toxiques, voire mortels, le plomb, le sulfure d’arsenic et les sels de zinc étant encore utilisés comme ingrédients.

 

 

  6- Le 20ème siècle

Un maquillage individualisé :
Si les périodes précédentes indiquaient des modèles à suivre, le 20ième siècle prône, pour un maquillage personnalisé, s’adaptant à la forme du visage.

Il marque la naissance des visagistes et des services de relooking. 

 

La cosmétique, symbole de la libération féminine :

Avant 1910, le maquillage est immoral et réservé aux prostituées. Mais à partir de cette période, les femmes militent pour leur indépendance. Elles défilent à News York en 1912 pour le droit de vote…avec aux lèvres un rouge à lèvres écarlate. Le maquillage se démocratise alors, il est vendu à bas prix dans les grands magasins et les premiers instituts de beauté font leur apparition.

 

Des formules améliorées  :
Dès 1906, des contrôles médicaux sont enfin effectués sur les cosmétiques.

La céruse, responsable de milliers de morts depuis l’Antiquité, est bannie des formules.

Les cosmétiques deviennent soins. On y voit alors l'arrivée de la Paraffine et de la Vaseline.

 

1910 : un teint hâlé, une bouche et des yeux marqués :

C’est  au 20ième siècle que la mode penche vers un teint hâlé, signes de vacances au soleil.

Le cinéma muet, fan de gros plans sur des visages expressifs, pousse à un maquillage très prononcé des yeux et de la bouche, afin d' accentuer les mimiques des acteurs.

Maybelline crée le premier mascara en 1913 et le très culte rouge à lèvres « Baiser » fait son apparition en 1927.

 

Les années 20 : Le maquillage pour une vie joyeuse :

Les magazines vantent les mérites d’une vie plus heureuse grâce au maquillage. Durant la grande dépression de 1929, les Zuniennes se privent de nouveaux vêtements, mais pas de leur maquillage.

Helena Rubinstein crée de petites trousses, spécialement pour les femmes sur les champs de bataille et Elisabeth Arden conçoit une lotion colorante pour les jambes, afin de pallier la pénurie de bas.

 

Les années 90 : Pour un maquillage naturel :
La tendance est  désormais aux  produits qui amènent à  « une beauté naturelle ».

 Les gélules et les ampoules font aussi leur apparition, pour agir de l’intérieur.

Et si le maquillage n’est pas encore largement utilisé par les hommes, une ligne de soins est lancée pour eux en 1985 par L’Oréal.